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INTRODUCTION:

La psychologie de l’enfant (1) étudie la croissance mentale ou, ce qui revient au même, le développement des conduites (c’est-à-dire des comportements y compris la conscience), jusqu’à cette phase de transition constituée par l’adolescence, qui marque l’insertion de l’individu dans la société adulte. La croissance mentale est indissociable de la croissance phy sique, notamment de la maturation des systèmes nerveux et endocriniens, se poursuivant jusque vers 16 ans. Il en résulte d’abord que, pour comprendre cette croissance mentale, il ne suffit pas de remonter jusqu’à la naissance, car il existe une embryologie des réflexes (Minkowski) intéressant la motricité du fœtus, et l’on a déjà invoqué les conduites préperceptives de celui-ci dans des domaines comme ceux de la perception de la causalité tactilo-kinesthésique (Michotte) (25. Il en résulte aussi, d’un point de vue théorique, que la psychologie de l’enfant est à considérer comme étudiant un secteur particulier d’une embryogenèse générale, celle-ci se poursuivant bien après la naissance et englobant toute la croissance, organique et mentale, jusqu’à l’arrivée à cet état d’équilibre relatif que constitue le niveau adulte.

Seulement les influences du milieu acquièrent une impor tance de plus en plus grande à partir de la naissance, du point de vue organique d’ailleurs aussi bien que mental. La psycho logie de l’enfant ne saurait donc se borner à recourir à des facteurs de maturation biologique, puisque les facteurs à considérer relèvent également de l’exercice ou de l’expérience acquise, ainsi que de la vie sociale en général.

La psychologie de l’enfant étudie l’enfant pour lui-même

en son développement mental. Il convient à cet égard de la distinguer de la « psychologie génétique », bien qu’elle en constitue l’instrument essentiel. Notons d’abord, pour dissiper toute équivoque dans la terminologie, que le mot « génétique », utilisé dans l’expression « psychologie génétique », a été intro duit par les psychologues dès la seconde moitié du XIX° siècle, c’est-à-dire avant que les biologistes l’emploient dans un sens plus restreint. Dans le langage actuel des biologistes, la génétique» se réfère exclusivement aux mécanismes de l’hér6- dité, par opposition aux processus embryogénétiques ou onto génétiques. Au contraire, le terme de a psychologie génétique » se réfère au développement individuel (ontogenèse). Cela dit, on pourrait être tenté de considérer les expressions de « psychologie de l’enfant » et « psychologie génétique comme synonymes, mais une nuance importante les différencie : si la psychologie de l’enfant étudie celui-ci pour lui-même, on tend aujourd’hui, par contre, à appeler « psychologie génétique » la psychologie générale (étude de l’intelligence, des percep tions, etc.), mais en tant qu’elle cherche à expliquer les fonc tions mentales par leur mode de formation, donc par leur déve loppement chez l’enfant ; par exemple, après avoir étudié les raisonnements, opérations et structures logiques chez l’adulte seul, donc à l’état achevé et statique, ce qui a conduit certains auteurs (Denkpsychologie allemande) à voir dans la pensée un « miroir de la logique », on a fini par se demander si la logique était innée ou résultat d’une construction progres sive, ete. : pour résoudre de tels problèmes, on recourt alors à l’enfant et, de ce fait même, la psychologie de l’enfant est promue au rang de « psychologie génétique », c’est-à-dire qu’elle devient un instrument essentiel d’analyse explicative, pour résoudre les problèmes de la psychologie générale.

L’importance acquise actuellement par la méthode génétique dans tous les secteurs de la psychologie (qu’on pense, par exemple, au rôle considérable attribué à l’enfance par la psy chanalyse) tend ainsi à conférer à la psychologie de l’enfant une sorte de position clé dans les domaines les plus divers. C’est donc surtout au point de vue de la psychologie génétique que nous nous placerons en cet ouvrage : si l’enfant présente un très grand intérêt en lui-même, il s’y ajoute, en effet, que l’enfant explique l’homme autant, et souvent plus, que l’homme n’explique l’enfant, car si celui-là éduque celui-ci par le moyen de multiples transmissions sociales, tout adulte, même créateur, a néanmoins commencé par être un enfant ot cela aux temps préhistoriques aussi bien qu’aujourd’hui.

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